Ca ne prend pas.

15 05 2008

Jefferson Airplane, Today, Live at Motereypop 1967.

Je ne suis pas franchement fortiche en théorie… Victime sans doute (de mon éducation, de mes profs, de ma bêtise) mais surtout coupable (fainéantise, médiocrité paysanne, gènes…).
Cependant, il y a un truc que j’ai remarqué. Il y a 40 ans c’était la grande révolte de mai, la grande fête assassine de 1968 (printemps de Prague, Paris en mai, Etats-Unis – Viêtnam caca boudin & droits civiques).

Bien entendu ceux d’en face se félicitent, crient, paradent, exposent, rejouent le théâtre de rue. Mais il faut se rendre à l’évidence, c’est comme une mauvaise mayonnaise : ça ne prend pas.

Faut-il s’en étonner ? Je ne crois pas. Mauvaise révolte, mauvais œufs : mauvaise mayonnaise.
En revanche là où le mouvement à vraiment pris, c’est dans son côté assassin (au fond des manifs et des révoltes on en a toujours connu, surtout dans notre beau pays madame Michu – révolution française, commune – et je ne parle pas des joyeuses parties de baston des années 30 dans les rues de Paris, Berlin et même quelques délicats accrochages de l’autre côté des Pyrénées) : relativisme, haine de soi et renoncement aux fondations.
C’est sur ce dernier point que je vais m’étaler. 3 ou 4 lignes pas plus.
Ceux qui se sont révoltés en 1968 étaient bien plus bourgeois que moi (assedics, mac à crédit, musique téléchargée), que madame (basse d’occase, boulot de garde chiourmes barbaresques) ou que mon chat (œil crevé, litière marque repère). En tant que bourgeois (les esprits taquins me rétorqueront qu’il leur manquait l’essentiel, l’héritage aristocratique : plop) ils ont eu droit à de bonnes écoles (Sorbonne, Beaux-Arts), à de belles bibliothèques familiales, à des sommités en guise de professeurs (communistes certes, mais brillants).
S’ils ont réussi à embêter un peu les forces de l’ordre (mise à part que le grand connard de Londres commençait à voir son bulbe ramolli sous l’effet du racisme-à-papa et du châtiment divin pour abandon de terre française au sud de la méditerranée et qu’il n’a pas eu la présence d’esprit de faire appel à notre fidèle légion) c’est grâce à leur connaissance (minime mais bon efficace tout de même) des techniques de combats d’une phalange. S’ils ont réussi à pondre des slogans marquants (les salopes deviendront toutes publicitaires cocaïnomanes) c’est parce qu’ils avaient plus lu Flaubert, Baudelaire et Balzac que Dolto et autres théoriciens de l’horreur. S’ils ont réussi à faire de beaux films et de belles affiches c’est parce qu’ils avaient plus crapahuté (gratuitement bien entendu, à l’époque on avait encore une approche classique) dans les couloirs des musées et dans les cinéclubs US que dans les cours de cités ou fleurissaient les œuvres artistiques de structuration collective.
On connaît la suite (rabâchée sur Arte, M6, France 2, France Culture, les Inrocks, Libé le Figaro, etc… – on se demande même si Minute ne va pas finir par s’y mettre), ils gagnent, le juif allemand fait de la politique, les salopes de la pub, les petits connards frisés Sc. Po. ou chefs d’entreprises.
En gros ils tiennent la France mieux que les romains (ou presque), mieux que les boches (normal ils prenaient le pays pour un bar à hôtesses), mieux que le grand con de Londres (pourtant il en a fait des efforts).
Puis alors ils tiennent ce pays bien plus qu’ils en rêvaient, les femmes avortent légalement, les gamines baisent-pillule-du-lendemain-rebaise, SOS machin, viens là que j’te métodise-globalement la lecture, vas-y que je te pousse à faire tes études de psycho qui vont faire de toi une chômeuse ou une grosse pouffe vendeuse de Filet O Fish.
Au fond ils s’amusent avec leurs gosses comme on s’amuse avec l’idiot du village ou avec un paumé bourré au fond d’un PMU de la banlieue rouge. Le problème c’est que le pays n’est ni un PMU, ni un village insulaire.
Venons-en au fait : ils ont privé leurs successeurs de ce qui leur a permis d’être rayonnants. Leurs gosses ne lisent plus les classiques, leurs filles ne réfléchissent plus à ce que sera sa vie de mère. Si encore ils lisaient les classiques en fumant des joints, si encore elles pensaient à leurs vies de mèr(d)es en se faisant sauter derrière un restauroute le long de l’A1… mais même pas.
En gros ils engendrent les monstres que leurs parents ont toujours cherché à combattre.

Quand je m’use le foie à songer à tout ça il me vient quelques pensées :

On aurait du les placer dans des stades dès 1967, sans ballons.
On aurait du pendre les meneurs (les moutons – puisqu’ils étaient bien plus moutons que les « légalistes » – seraient retournés à leurs amphis).
La CGT aurait du taper plus fort sur la gueule des gauchistes.
De Gaulle aurait du mourir au Petit Clamart
Et ma grand mère a bien fait de gifler ma mère quand celle-ci lui expliquait que les « jeunes » avaient raison de tout casser…

PS: Le pire c’est qu’ils ont lu Debord et Vaneigem sans les comprendre.


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4 réponses

17 05 2008
olaiv

Quelle méchanceté…

18 05 2008
Lykurgos

Mais dites donc.

20 05 2008
TW

Méchant? Non, juste. Mais quand on est juste avec les méchants, on passe, soi-même, pour plus méchant qu’eux et c’est une grande injustice (et, après, on est de méchante humeur).

20 05 2008
Lykurgos

Enfin un humaniste, un vrai.

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