L’avocat général n’a cependant pas réclamé de peine de sûreté afin de prendre en compte les évolutions psychologiques de l’accusé.”Ce réquisitoire est un signe d’espoir”, a estimé l’avocat de plusieurs victimes. “Il pourra, s’il continue à changer, avoir une vie en sortant de prison”.
- le 24/05/2007 – 17h24
Une “peine plancher de vingt ans” de réclusion criminelle a été requise jeudi contre Mickaël Tronchon, alias Phinéas, qui comparaît devant les assises du Rhône pour avoir tenté d’assassiner à coups de hache deux hommes dans le cadre d’une “croisade” raciste. L’avocat général Jean Olivier Viout a souligné qu’il prenait “en compte l’altération du discernement (de l’accusé) au moment des faits et sa biographie”. Il n’a pas réclamé de peine de sûreté à son encontre afin, a-t-il souligné, de rendre la durée de sa détention adaptable à ses évolutions psychologiques.
Ce n’est qu’après “beaucoup d’hésitations” que le magistrat a demandé aux jurés de prononcer une peine de vingt ans, le “minimum décent” selon lui, pour sanctionner deux tentatives d’assassinats perpétrées en août 2004, la première à Villeurbanne, contre un Français né en Algérie, et la seconde à Paris contre une septuagénaire marocain. Phinéas – référence à des membres de groupuscules néo-nazis américains – avait, après son premier crime, profané un cimetière juif, y laissant sa hache en évidence, afin de médiatiser sa “croisade”.
“Son racisme n’avait rien d’idéologique”
“Ce réquisitoire est un signe d’espoir”, a estimé Me Alain Jakubowicz, avocat de plusieurs victimes et organisations anti-racistes. “On ne lui ferme pas la porte : avec les aménagements de peine possibles, il pourra, s’il continue à changer comme il semble avoir commencé à le faire, avoir une vie en sortant de prison, et devenir peut être un exemple”, a-t-il ajouté.
Me Jean Boudot, conseil de l’accusé, a regretté que le réquisitoire, “excessif” selon lui, soit “appuyé sur la volonté de faire de Mickaël Tronchon un exemple dans la lutte nécessaire contre les idées nazies, alors qu’on n’a affaire qu’à un petit nazillon”. “Il ne savait pas écrire Adolf Hitler, il traçait les croix gammées à l’envers, son racisme n’avait rien d’idéologique”, a-t-il rappelé.
C’est donc pour cela qu’aucune empathie ne saurait-être envisageable en justice. S’en remettre à ses sentiments, à son envie d’allèger les souffrances possibles (et probables) des coupables c’est déplacer la morale, faire de la morale un jugement civil dans le mépris des victimes. On ne juge pas les souffrances passées lorsque l’on juge des coupables. On juge les faits qui leur sont repprochés.
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